A – B – C- D -E – F

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A – Ouvrages imprimés à plusieurs exemplaires

Les titres recensés ont pour caractéristique commune une impression mécanique à plusieurs exemplaires.
Sauf indication contraire (par exemple « dessins reproduits au trait »), les illustrations accompagnant les textes sont toujours des originaux, le plus souvent des gravures dont les tirages correspondent en nombre aux tirages des livres eux-mêmes.

Cette cohérence d’ensemble recouvre cependant des différences notables. Les tirages vont de 2 exemplaires à 10.000 exemplaires : entre 150 et 1.000 en règle générale pour des éditions dites courantes; entre 2 et 100 en ce qui concerne les publications plus luxueuses.

Par impression mécanique, on entend la typographie ou l’Offset, mais dans certains cas il peut s’agir de photocopies ou d’un autre type de reproduction, le texte pouvant être originellement manuscrit. Quoiqu’il en soit, le mode de composition et d’impression est indiqué pour chaque ouvrage.


B – Ouvrages imprimés à un seul exemplaire

La différence entre des livres imprimés à un seul exemplaire et des livres imprimés à plusieurs exemplaires revêt à nos yeux, une importance suffisante pour que nous ayons choisi de ménager aux premiers un espace séparé des seconds.

Dans le domaine du livre, cette distinction est comparable à celle qui s’établit, dans les arts plastiques, entre l’oeuvre unique (peinture ou sculpture) d’une part, et l’oeuvre multiple (l’estampe) d’autre part.

L’accroissement de la valeur, marchande ou autre, en fonction de la rareté, n’est pas la seule implication, même si cette dernière s’avère décisive.

L’impression typographique des ouvrages décrits ici rapproche ce type de livres de l’édition, entendue au sens traditionnel, mais leur unicité en fait plus que jamais des livres d’art à l’intérieur desquels peintures à l’huile et dessins originaux trouvent leur place.


C – Manuscrits autographes et « tapuscrits » originaux

Il s’agit de textes que les poètes ont calligraphiés eux-mêmes ou, en de plus rares occasions, tapés à la machine (tapuscrits) en un, deux, trois, quatre ou cinq exemplaires, suivant les cas, et qui de ce fait sont tous uniques.

Rehaussés de gravures ou de dessins originaux, les manuscrits autographes de la collection de Marc Pessin n’ont pas tous bénéficié d’une édition imprimée au Verbe et l’Empreinte. Certains poèmes restent inédits, d’autres sont parus chez d’autres éditeurs.

L’idée, la conception et la réalisation formelle du manuscrit, sans parler des illustrations, reviennent à l’éditeur-graveur.


D – Ouvrages calligraphiés par Marc Pessin

Dans la tradition des moines copistes et des enlumineurs du Moyen Age, Marc Pessin a recopié et illustré un grand nombre de textes d’auteurs contemporains ou anciens, plus ou moins reconnus, qu’il désirait rassembler dans sa collection de beaux livres illustrés.

Exceptée la paternité des écrits, tout dans ces exemplaires unique est la création de l’artiste du livre : du choix des papiers au pliage et à l’assemblage, de la mise en page du texte à la fabrication d’une couverture ouvragée, de l’estampage des feuilles à la création des images.


E – Autres (cas particuliers n’entrant dans aucune des catégories citées)

Les quelques ouvrages réunis ici n’ont pu être distribués, pour divers raisons, dans les autres sections. Il s’agit principalement de manuscrits qui n’ont pas été calligraphiés ni par l’auteur, ni par l’éditeur, mais par une tierce personne : soit par l’illustration des poèmes (Mariette, Sonja Vincent, Yves Collé), soit par un calligraphe (Moshen pour les manuscrits arables), soit encore pour un autre poète (le traducteur Jacques Ancet).

Le cas du livre de Michel Butor (E4) est particulier dans la mesure où c’est le texte imprimé de l’édition Gallimard qui, contrecollé, accompagne les illustrations de Mariette.


F – Chroniques Pessinoises

Ces 41 titres ont tous trait à la Civilisation Pessinoise, monde imaginaire, dont la langue et l’écriture, la dynastie, les mœurs sont inventés et étudiés par le graveur; monde pourtant vraisemblable dans la mesure où la réalité se greffe sur la vérité historique et géographique des lieux.

S’agissant de livres entièrement conçus et réalisés par le chroniqueur -si l’on excepte les collaborations ponctuelles des poètes- nous n’avons pas cru utile d’indiquer systématiquement, à chacune des étapes de fabrication, l’intervention de Marc Pessin. Il suffira de savoir que les gravures (essentiellement des « tablettes » de papier estampées en caractères pessinois, moulages des vestiges découverts lors des fouilles dans le massif de la Chartreuse) sont toutes l’oeuvre de Marc Pessin, tirages compris.

La liberté prise dans la rédaction des notices, en complet accord avec l’éditeur, répond d’abord à la volonté de singulariser formellement une catégorie d’ouvrages qui tient une place à part dans la création éditoriale et artistique de Marc Pessin; elle reflète également la fantaisie contenue dans les ouvrages eux-mêmes, dont le propos est naturellement de créer l’ambiguïté entre la réalité et la fiction, entre le discours scientifique-historique et archéologique – et la parodie artistique.

On comprendra qu’il n’était ni possible, ni souhaitable, d’enregistrer selon des normes rigoureuses des livres d’artistes qui échappent à toute tentative de définition stricte. Dans ces vrais-faux catalogues, ou vraies-fausses chronique, on constatera par exemple que la date indiquée sur la page de titre fait souvent partie intégrante de la mystification. Quand aux titres eux-même, multiples et protéiformes, ils semblent se jouer, tout comme l’auteur cacher derrière ses pseudonymes, de l’entreprise méthodique qui échoit à l’archivistes.